Saving Mr. Banks, de John Lee Hancock

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J’étais très pressée de voir ce film. C’est comme si j’avais su à l’avance que j’allais le trouver génial. Au générique de fin, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Saving Mr Banks, ou Dans l’ombre de Mary en version française, raconte comment Walt Disney a usé de tous ses charmes pour obtenir les droits du roman Mary Poppins écrit en 1934 par Pamela Lyndon Travers.

L’intrigue se passe en 1961 mais ça fait déjà vingt ans que Walt Disney (joué par Tom Hanks) tente de faire venir la romancière (interprétée par Emma Thompson) à Los Angeles pour parler affaires. Elle finit par accepter mais face à son incroyable inflexibilité et sa réticence à céder les droits de sa création, l’équipe du futur film doit s’armer de patience pour que le projet aboutisse. En parallèle, on suit l’enfance de P. L. Travers avec sa famille en Australie.

« Ferme la bouche, tu as l’air d’un poisson hors de l’eau. »

Certes l’histoire de la famille Goff – le vrai nom de P. L. Travers est Helen Lyndon Goff, Travers est le prénom de son père – est quelque peu romancée dans le film mais elle est adaptée de sa vie, dont le roman Mary Poppins est lui-même inspiré. Tout est très bien imagé dans ce film alors si on connaît la Mary Poppins de Walt Disney (1964) sur le bout des doigts, le souci du détail est ravissant.

En 1906, Pamela a 7 ans et c’est l’aînée de la sororie. La famille Goff traverse l’Australie au gré des mutations du père, Travers (joué par Colin Farrell), directeur de banque. Il n’aime pas son métier et élève ses trois filles de façon plutôt anticapitaliste. Toutefois c’est un homme malheureux qui sombre dans l’alcoolisme. Un jour, la tante de Pamela arrive de Sydney pour apporter son aide à la famille. On comprend rapidement que Mary Poppins est une forme d’autofiction, tante Ellie est tout à fait responsable du façonnement de la gouvernante. Elle débarque tout de même avec un parapluie dont le pommeau est en forme de tête d’oiseau, il ne lui manque plus que la parole. Hélas, la petite Pamela espérait que tout allait changer à son arrivée mais son père décède peu après.

« C’est un blasphème de boire du thé dans un verre en carton. »

Mary Poppins est beaucoup plus joviale que l’austère tante Ellie, tant dans son allure que sa personnalité, mais elle est le pur produit des yeux d’une enfant. Et ce même si P. L. Travers a écrit Mary Poppins à 25 ans. Tant de détails attirent notre attention, tels que les deux pences, le carrousel omniprésent, l’oncle Albert, etc., que j’avais de nouveau 8 ans en regardant le film. La Mary Poppins de Walt Disney m’a énormément marquée quand j’étais petite, et pas seulement à cause des pingouins qui dansent quand on saute dans les dessins à la craie de Bert. J’étais tellement fascinée par le fait qu’on puisse rester collé·e au plafond à force de rire ! C’est sûrement à cause de tout ça que j’ai pleuré comme un veau devant Saving Mr. Banks qui commence et se finit avec Chem-Cheminée

La morale de l’histoire est belle car si Mary Poppins est embauchée pour s’occuper de Jane et Michael Banks (je rappelle que leur père est… banquier et leur mère une suffragette convaincue), elle sert surtout à recréer les liens d’une famille qui se disperse. Ce n’est la faute de personne, il n’y a aucune malice chez qui que ce soit, les Banks sont les victimes d’une société qui leur marche dessus. On connaît tou·te·s la fin du Disney, M. Banks répare le cerf-volant de ses enfants et change complètement d’attitude grâce à Mary Poppins, chose que tante Ellie n’a pas réussi à faire avec M. Goff (enfin ce n’est pas de sa faute non plus, la pauvre).

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