Ida, de Pawel Pawlikowski

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Ida de Pawel Pawlikowski est sorti il y a trois ans et j’ai voulu aller le voir au cinéma. Et puis j’ai freiné des quatre fers parce que je ne savais plus si j’étais toujours capable de regarder un film d’auteur en noir et blanc. D’autant plus un film sur la vie d’une jeune religieuse polonaise dans les années 1960. Je ne me suis jamais considérée comme cinéphile et je n’ai pas l’intention de me forcer alors qu’est-ce qui a bien pu, en premier lieu, me pousser à voir Ida ? Peut-être parce que je suis d’origine polonaise. Il y a fort à parier que l’idée ne m’aurait jamais traversé l’esprit si le film avait été tchèque ou coréen. C’est sans doute couillon, je sais bien. En tout cas, Arte a été là pour moi.

En 1962, la jeune Ida Lebestein, devenue sœur Anna, s’apprête à prononcer ses vœux. Avant cela, elle part à la rencontre de sa tante Wanda, seule membre de sa famille encore en vie. Orpheline et élevée dans un couvent, Ida va apprendre la vérité sur ce qui est arrivé à ses parents pendant l’occupation nazie.

Ce n’est pas un film réjouissant, on s’en doute assez. C’est un drame. Mais un très beau drame ! L’esthétique du noir et blanc est fantastique, la photographie est sublime. L’ambiance est froide, c’est la Pologne en hiver sous la neige, une décennie dans une Europe de l’Est épurée et en formica, la relation entre Ida et Wanda et la situation politique de l’époque malgré la déstalinisation. Un film à regarder sous un plaid, donc, ne serait-ce que pour le confort mental.

Si Wanda n’est à priori pas enchantée de rencontrer sa nièce, elle change vite d’avis. C’est une femme très sévère qui exerce la profession de juge mais elle est à la fois libre et libérée. Elle était procureure sous Staline et trouve désormais son salut dans l’alcoolisme. J’ai adoré ce personnage. Quant à Ida, malgré sa gentillesse et sa douceur que sa vocation lui confère, ses grands yeux noirs trahissent ses émotions.

C’est un film initiatique qui ne s’embarrasse pas de détails superflus et les deux actrices principales, Agata Trzebuchowska (Ida) et Agata Kulesza (Wanda) sont merveilleuses de par leur jeu et leurs rôles aux antipodes. Et puis il y a aussi cette scène frissonnante aux allures shakespeariennes quand elles accompagnent celui qui sait où sont enterré·e·s les parents d’Ida… Ida a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger en 2015.

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